Légumes, fruits, pain, œufs, miel, olives, poulets… Sur les marchés de l'Agglo, les producteurs du Biterrois donnent l'eau à la bouche avec des produits frais et goûteux. Une façon de soutenir l'économie locale à taille humaine, sans se ruiner et… avec le sourire !


« Le goût de la courge ! Rien que pour ça… J'aime venir chez les producteurs, pour faire travailler les personnes du coin. Sur le plan économique, social, c'est plus logique et les légumes font moins de kilomètres que ceux du supermarché. Pour la salade, toute la famille est unanime : c'est celle du producteur qu'on aime ! » Isabelle est une inconditionnelle. Et les courges de Reine, impossible de les trouver ailleurs : « Le marché, c'est idéal pour nous qui n'avons qu'un petit jardin, confie Reine Gouzin Cartiel. Vendre en gros, c'est impossible. Il faudrait beaucoup plus de volume, de façon plus régulière, donc travailler en intensif, avec des désherbants, des graines hybrides, comme les fausses tomates « cœur de boeuf ». Et ça, je ne le veux surtout pas. » Au Gaec de Mazeilles, à Sauvian, vigne et maraîchage sont une affaire de famille. Et de confiance. « L'hiver, on ne met aucun pesticide, même s'il y a des petits vers. Nous sommes en agriculture raisonnée. Essentiel pour vendre sur les marchés, l'hiver à Sérignan, comme l'été à Valras et à Vendres. »

Fraîcheur et convivialité

Choux, carottes, poireaux, oignons, radis géants, salades étalent leur fraîcheur, comme les produits du Jardin de Ladislas, de Riols. Cueillis depuis moins de 48h, « les fruits et légumes ne souffrent pas du stockage en chambre froide, ni du transport : on voit la différence avec les grandes surfaces, et c'est souvent moins cher » confirment Chantal à Sérignan et Muriel à Béziers, qui ne rechignent en rien à cuisiner les produits de saison. Sans compter « le plaisir de la convivialité avec les producteurs qu'on revoit tout au long de l'année, le service, la souplesse : on peut passer commande, mettre un panier de côté… ».
Sur la place de la Madeleine, le samedi matin à Béziers, le marché paysan associatif se rend d'autant plus propice aux échanges : producteurs très « nature », voire bio, triés sur le volet et zéro revente. Et une clientèle « porteuse », motivée par la qualité et le « bon esprit » qui y règnent. Une bise, par-ci, des nouvelles par-là, le tutoiement facile… Paysan-boulanger, Stéphane Rabiller y propose ses pains, aux blés de variétés anciennes qu'il cultive au nord de Béziers, avant de faire moudre la farine près de Saint-Pons, de pétrir à la main avec du levain naturel et de cuire au feu de bois : « Ça me permet d'avoir une vue d'ensemble du sol au pain, comme un vigneron indépendant. J'essaie de sensibiliser les gens à une écologie de proximité qui valorise les terres d'ici. »

Une économie locale écologique…

Pour Pascale et Florent, le choix ne fait aucun doute : « C'est une question de santé et d'énergie de la nourriture : on a même découvert que la farine restait vivante pendant un mois ! Mais surtout, nous préférons investir dans les bonnes personnes plutôt que dans les Monsanto ou Bayer qui bousillent la planète. Cette économie directe fait partie intégrante d'une démarche écologique. Depuis un an, nous n'allons plus du tout au supermarché. » Ça tombe bien : de nombreux agriculteurs comptent sur les marchés pour vivre de leur travail. Comme Sylvain Milles, producteur de volaille à Béziers, qui enchaîne quatre marchés par semaine. Ses œufs, on les reconnaît au code « 1 » marqué en rouge sur la coquille : « plein air ». « Très bons et pas plus chers, tranche Francine. Et il est très aimable, ça c'est important. Pour la vie du village, c'est formidable d'avoir trois marchés par semaine !
On n'a rien à envier aux boutiques parisiennes ! ». Son poulet : onctueux et ferme. Rien à voir avec les poulets standardisés « de 50 jours » qui fondent dans la poêle… Caroline en prend trois cuisses : « Hors de question que je mange ce qui vient de grosses fermes industrielles. J'ai peu de revenu, mais je fais cet effort. Pour dix jours, je n'achète que trois fois de la viande. Mais au moins, je valorise les petites structures. Moi-même je suis artisan-commerçant, alors je me sens solidaire. »

… et dynamisante

Mais les marchés peuvent aussi servir de vitrine à de l'écotourisme. Même si le contact entre producteurs et consommateurs y est furtif, la présence sur les marchés procure une belle visibilité… pour aller plus loin. Les clients intéressés, les locaux comme les touristes étrangers, font souvent la démarche de venir visiter les mas et domaines, surtout au printemps-été. Ils s'intéressent à la conduite agronomique des cultures ou de l'élevage, mais aussi au patrimoine, à l'histoire locale. L'occasion de promouvoir le territoire qui leur est cher ! 

L'INFO EN +


Les boutiques du terroir

Dans chacun des cinq bureaux d'information touristique du territoire (Béziers-centre, Écluses de Fonseranes, Valras-Plage, Sérignan, Villeneuve-lès-Béziers), retrouvez des produits du terroir :

- Vins de 17 coopératives et domaines,
- Pâtés de la Maison Sénégas,
- Olives et huiles d'olives des Domaines Lupia, Pradine-le-Bas et de la Galinenque
- Jus de fruits et confitures de l'Hors del Gal
- Chichoumeille (proche de la ratatouille) de L'Occitana
- Miels des Miels de mon moulin
- Bières de La Belle de Thongue

Adresses et horaires d'ouverture : beziers-in-mediterranee.com