C'est avec ce chef plein d'épices et de malices que l'Agglo rouvre la brasserie de la médiathèque à Béziers. Loué par ses pairs, adoré des gastronomes, l'enfant du pays ouvre Ô Petits Bontemps. Une table à son image : accessible, exigente et joyeuse.
 
 
Il porte un nom prédestiné : Olivier Bontemps aime faire plaisir, partager des moments d'exception, arrêter le temps grâce à sa cuisine. Car l'enfant du pays, attaché à La Liquière, a fait profession de sa générosité. Aussi doué devant le piano de sa cuisine que dans l'animation de sa salle de restaurant, ce chef polyglotte est un feu follet jamais rassasié de découvertes culinaires, drogué à l'adrénaline du coup de feu qui s'empare des brigades durant le service. à 40 ans, s'il épuise toujours ses proches par son énergie sans limites, il a décidé de ralentir. « Pour voir grandir mes enfants. » Après neuf ans survoltés à Magalas à la tête d'Ô'Bontemps, ce personnage haut en couleurs et en saveurs pose ses marmites, mandolines et autres ustensiles de cuisine à Béziers. Un retour dans la ville où il a cofondé l'Octopus en 2005. Une aventure de famille et surtout un défi, puisqu'il a choisi de reprendre la brasserie de la Médiathèque André Malraux (MAM). « Nous allons tout réinventer. La seule constante sera ma cuisine, avec de vrais et bons produits d'ici, de saison, frais… ».  
Durant les heures d'ouverture de la MAM, le chef survitaminé va décliner sa maestria dans une version bistro (22€ le déjeuner), un salon de thé, un bar comptoir, des formules à emporter… Dénommée Ô Petits Bontemps, en clin d'oeil à ses jumeaux de 3 ans, la brasserie répond aux exigences de l'Agglo : un lieu convivial et une restauration de grande qualité qui prolongent le rayonnement culturel de la MAM. Ouverture le 6 septembre.
 
 « Avec le temps, ma cuisine a évolué. Les épices sont moins présentes. J'ai appris à doser ma générosité »

Des Pétrus dès 14 ans

On ne peut comprendre la passion qui anime Olivier Bontemps sans évoquer ses parents, enseignants. Trop tôt disparus. « à dix ans, en me baladant avec ma mère à Rosas (Espagne), une odeur chaude et sucrée sortant d'un soupirail m'a interpellé. Nous avons discuté avec le pâtissier. J'ai eu un déclic. » Son père lui impose de faire des études, où il excelle. Tout en lui offrant de transformer une pièce de la maison en cave. « Je lui dois beaucoup. » Chateau Lafitte, Pétrus, Cheval blanc… dès 14 ans, il achète de grands crus. Avec déjà ce goût de l'excellence. De son apprentissage auprès de grands chefs, il garde le meilleur. Thierry Marx (Relais et Châteaux Cordeillan-Bages), Dominique Bouchet (Hôtel de Crillon)… ses pairs ne tarissent pas d'éloges. « C'est un personnage hors du commun. Dans son restaurant, il est l'acteur principal de la pièce qui se joue en plusieurs actes, un grand spectacle d'équilibriste, chaque jour, chaque service », saluent les frères Pourcel (Jardin des sens). Louanges aussi parmi les fines bouches. Tout juste si François Régis-Gaudry, critique gastronomique à L'Express, reprochait à ses débuts à ce « mécène du bon vivre » d'avoir « sur certains plats, la main lourde sur les épices ». « Avec le temps, ma cuisine a évolué. Aujourd'hui, je sais mieux doser ma générosité », 
estime l'homme-orchestre, désarmant de sincérité. Grâce à Emmanuelle, son épouse et son alter ego, qui le tempère et le valorise : « Je suis là pour veiller au grain. » Rencontrée lors d'une Feria à Béziers, cette juriste de 37 ans a quitté sa carrière pour le rejoindre. « La restauration est un métier physique. Trois mois après l'ouverture du restaurant à Magalas, j'avais perdu 9 kilos ! », se souvient celle qui flotta donc dans sa robe de mariée. « Je rêvais de rentrer dans sa cuisine. Il m'a fait confiance et m'apprend beaucoup », confie Mira Wolley, qui officiera à la pâtisserie. Nul doute qu'avec un chef aussi attachant que talentueux, Ô Petits Bontemps deviendra vite une des tables les plus prisées de la région.

 «  Nous allons tout réinventer. La seule constante sera ma cuisine, avec de vrais et bons produits »

L'info en +

Bienvenue Ô petits Bontemps

Bistrot, salon de thé, tables hautes, comptoir... la brasserie décline quatre ambiances, dans l'esprit de la Médiathèque André-Malraux, ce « troisième lieu » entre le bureau et la maison.

Adresse : 1 place du 14 juillet, à Béziers.