Avec 245 202 passagers en 2015, l'aéroport Béziers-Cap d'Agde enregistre son plus haut niveau de fréquentation depuis sa création. Il dessert neuf lignes de et vers la France et l'Europe et ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Attachez vos ceintures, décollage immédiat…
 

Lundi matin, 10h. Le soleil cogne déjà sur le tarmac. Le parking se remplit progressivement. Des chefs d’entreprise qui vont négocier des contrats, des étudiants qui partent en week-end à la capitale, des Biterrois qui attendent l'arrivée de leurs petits-enfants pour les vacances. Dans un peu moins d'une heure, le vol en provenance de Paris-Beauvais va atterrir à l'aéroport de Béziers-Cap-d'Agde. Et en repartir dans la foulée. « Je prends le vol de 11h25, j'ai le temps de prendre un café ? », lance tranquillement une sexagénaire à l'hôtesse d'accueil. « Mieux vaut vous enregistrer d'abord Madame », lui répond avec le sourire Bénédicte, agent d'escale qui entame sa sixième saison à l'aéroport. « C'est très appréciable de travailler ici, poursuit cette dernière. Les gens sont détendus. On ne ressent pas le stress des grands aéroports et le contact avec les clients est plus humain ».

Un aéroport au service du développement touristique

Un aéroport à taille humaine donc. C'est exactement ce qu'est celui de Béziers-Cap d'Agde. Il propose neuf liaisons de et vers la France et l'Europe du Nord : Paris Beauvais, Londres, Bristol, Manchester, Édimbourg, Oslo, Stockholm, Düsseldorf et Bastia (dont la ligne fait son grand retour cet été). Et il a tout pour plaire, celui qui se classe au 29e rang des aéroports français. Niché derrière des vignes à la croisée des axes autoroutiers, son accès est direct et on peut difficilement faire mieux en termes de fluidité. Résultat, en 2015,
l'aéroport a fait planer 245 202 passagers et a connu une huitième année consécutive de croissance. Du jamais vu pour cette structure qui a sacrément repris du poil de la bête depuis la création du Syndicat mixte en 2009 - actuellement présidé par Frédéric Lacas. Désormais gestionnaire et propriétaire de l'équipement (lire ci-contre), le Syndicat mixte regroupe la CCI, Béziers Méditerranée, la Domitienne, Hérault Méditerranée, le Département, et Thau agglo va aussi entrer dans la danse…
«  Le salut de l'aéroport est venu du virage stratégique que l'on a opéré en décidant d’en faire un vecteur de développement économique et touristique et non un simple outil de désenclavement du territoire », commente Pascal Pintre, directeur de l'aéroport. Certes, celui-ci permet aux locaux d'aller visiter le Nord de l'Europe à moindre coût, mais il permet surtout d'accueillir des populations issues des contrées nordiques qui font du tourisme chez nous ! Et ça, ce sont autant de retombées économiques pour le territoire : 65 M€ chaque année.
« Béziers-Cap d'Agde est désormais une destination reconnue en Europe, assène Frédéric Lacas. Et c'est mérité compte tenu de la richesse de notre offre : les plages, les sites historiques comme le Canal du Midi, la gastronomie, le vin, le soleil… En accueillant des touristes toute l’année, l’aéroport travaille aussi à l’allongement de la saison touristique. »

De la place pour tout le monde dans le paysage aérien…

Ce qui fait aussi la force de l'aéroport Béziers-Cap d'Agde, c'est la stratégie adoptée dès le départ : développer des lignes qui n'existaient pas ailleurs et qui ne risquent pas, donc, de créer une concurrence malsaine avec les aéroports voisins. « Nous sommes conscients de notre taille mais nous estimons que la convergence des singularités de chaque aéroport ne pourra qu'aboutir à des résultats positifs pour l’ensemble de la destination régionale », estime Pascal Pintre.
C'est dire l'incompréhension qui a régné sur le Biterrois lorsque le président du directoire de l'aéroport de Montpellier envisageait de laisser au sol les plateformes de Béziers et Nîmes pour que le premier puisse prendre son envol à l'horizon 2020… Personne ne conteste la place de la structure montpelliéraine dans la Région. « Nous ne sommes pas en guerre et nous ne la voulons à personne, enfonce le président du Syndicat mixte. Nous sommes juste persuadés que dans cette grande région, nous avons plus à gagner si nous travaillons ensemble plutôt que les uns contre les autres. » C'est dans ce cadre que la Région planche actuellement sur le schéma régional aéroportuaire. Une enquête sur les retombées économiques des dix aéroports de la région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées est en cours et servira à affiner le schéma. « Plusieurs études ont démontré que la concentration du trafic régional sur le seul aéroport de Montpellier serait une erreur car cela engendrerait une perte de trafic de 700 000 passagers à l'échelle régionale sur un total de 2,4 millions et des pertes corrélatives au niveau des retombées économiques » relate-t-on du côté du Syndicat mixte.
Et puis, prenons un peu de hauteur : Notre-Dame-des Landes. Le sujet défraie la chronique depuis des mois et il semble très peu probable, au vu de l'accentuation des questions environnementales notamment, que la construction d'un quelconque aéroport soit de nouveau à l'ordre du jour… « Or, le trafic mondial va continuer de croître dans les 30 prochaines années, analyse le directeur, ce qui va saturer les aéroports principaux. Le capital des aéroports secondaires va donc demeurer essentiel. Il nous faut préserver Béziers-Cap d’Agde et défendre crânement notre chance de développer notre territoire et son économie. »
Il est midi. L'aéroport Béziers-Cap d'Agde retrouve son calme. Avant un nouveau rush cet après-midi : quatre nouvelles liaisons de et vers Oslo, Londres, Düsseldorf, Bristol et Manchester. Béziers Méditerranée est définitivement « the place to be »…

La porte d'entrée aérienne du territoire

A 16 min de Béziers, 14 min du Cap d'Agde, 35 min de Sète, 16 min de Valras-Plage, 1h de Carcassonne, l'aéroport Béziers-Cap d'Agde est une véritable porte d'entrée régionale pour nos visiteurs, qu'ils viennent des contrées nordiques ou de l’Île de beauté… Loin d'être un simple lieu de transit, l'infrastructure en a sous le cockpit.

L'aéroport en chiffres

  • La piste : 2045 m sur 45 m
  • 120 hectares dédiés à l'exploitation
  • Une aire de trafic (le parking avions) :16 000 m2
  • 7 000 m2 de superficie pour l'aviation lourde (Boeing 737)
  • L'aérogare : 1 800 m2 avec un hall de départ et d'arrivée, deux salles d'embarquement, permettant de traiter 1 800 passagers en deux heures.
  • Une tour de contrôle (service de la navigation aérienne)
  • Un service de douanes
  • Un bâtiment réservé aux services de l’État
  • Des bâtiments techniques pour stocker le matériel d'assistance aéroportuaire
  • 14 pompiers d'aéroport
  • Un parking passagers de 300 places
  • Un parc de 700 véhicules de location
  • Le pélicandrome : 5 000 m2

Ce que les passagers en pensent...

Monique Vallez, Douai (Nord)
 
J'utilise la ligne Paris Beauvais-Béziers depuis des années pour rendre visite à ma fille et mes petits-enfants. J'habite dans le Nord de la France et c'est extrêmement pratique pour moi. En moins d'une heure et demie, je suis au soleil  ! Ma fille résidant dans le centre-ville de Béziers, il ne lui faut qu'une quinzaine de minutes pour atteindre l'aéroport. Comme je suis flexible sur les dates, les tarifs sont toujours avantageux. Je suis donc presque devenue une habituée et suis tombée amoureuse de votre région  !

Alfred et Brigitte Neussman, Siegen (Allemagne)
 
Nous avons fait l'acquisition d'un studio non loin de Béziers il y a une dizaine d'années. Nous venions auparavant en voiture mais depuis l'Allemagne, il nous fallait près de 15 heures  ! Désormais à la retraite, ce type de trajet est trop fatiguant pour nous. Nous nous sommes donc tournés vers l'avion et la ligne Düsseldorf-Béziers répond à toutes nos attentes. L'aéroport est tout près de chez nous. Deux heures de vol à peine,un trajet en navette qui nous prend juste à la sortie et le soleil du Biterrois est à nous  ! Si nous devions atterrir à Montpellier, je pense que nous revendrions notre studio.
Nadja Keller, Béziers
 
Je me suis rendue à Londres il y a deux mois pour 40€ aller-retour, c'est inouï ! Cet été, je n'ai qu'une semaine de congés et j'envisage d'aller voir les fjords en Norvège. Des amis peuvent nous loger, ce sera donc un voyage financièrement intéressant, d'autant que je pense trouver les dates qui me conviennent et en tirer un bon prix. Le départ depuis Béziers est très pratique. Lorsque j'habitais à Paris, c'était toujours laborieux d'accéder à l'aéroport. Je peux y être en 15 minutes à peine. S'il fallait partir de Montpellier, ce ne serait pas la même histoire…

30 000 mouvements d’avions par an

Si l'aéroport enregistre 1 800 vols commerciaux par an, il dénombre au total 30 000 mouvements annuels : aviation privée (petits aéronefs), aviation d'affaires (3 à 5 jets décollent et arrivent chaque mois pour des trajets professionnels ou de loisirs), vols militaires ou écoles de formation sont accueillis au quotidien, sans compter l’importante activité générée par les deux aéroclubs de la plateforme Béziers-Cap d’Agde et Pézenas Nizas qui proposent, notamment, de nombreuses formations et des baptêmes de l'air. A noter que le collège Lucie-Aubrac de Béziers dispense une option d'apprentissage de l’aéronautique. Elle se rend l'aéroport pour faire passer le brevet d’initiation à l’aéronautique en partenariat avec l’aéroclub de Béziers-Cap d’Agde.

Un aéroport solidaire

Le 13 mai dernier, l'aéroport a accueilli l'association Rêves de gosse et ses «  Chevaliers du ciel  ». Une opération nationale, organisée localement par la JCE Béziers Piémont Littoral, qui a pour but de sensibiliser au handicap et favoriser l'acceptation de la différence. Plus de 140 enfants, « extraordinaires » et « ordinaires » ont ainsi pu réaliser leur baptême de l'air en tandem, depuis Béziers. Ils en sont ressortis la tête dans les nuages !

So British

L'annonce faite en début d'année de couper les ailes de l'aéroport de Béziers a suscité une levée de boucliers dans le fief de son altesse royale Élisabeth II. Et pour cause, avec plus de 6 000 résidences d'étrangers sur le territoire biterrois, nombre d'Anglais se rendent régulièrement chez nous, entre 4 et 6 fois par an. La démocratisation du transport aérien, les RTT et le coût du vol - 70 euros - n'y étant pas pour rien. C'est ainsi qu'une pétition pour la pérennité de l'aéroport de Béziers-Cap d'Agde a recueilli 4 000 signatures d'Anglais !

Des navettes dédiées à l'aéroport dès le 15 juillet

C'est la bonne nouvelle de cet été. Depuis 2011, des navettes d'Hérault transport embarquaient les voyageurs jusqu'à la gare routière et la gare SNCF de Béziers, mais aussi jusqu'à Agde et Marseillan. Dès le 15 juillet, deux navettes seront exclusivement dédiées à l'aéroport (1,50€ le ticket). L'aéroport dispose également d'un bâtiment réservé aux quatre sociétés de locations de véhicules et l'accès est autorisé à 46 licences de taxi.

Le développement économique en ligne de mire

Maintenant que l’aéroport a atteint ses objectifs, le Syndicat mixte n’a qu’une seule idée en tête : pérenniser la plateforme, garantir les niveaux de trafic, voire proposer de nouvelles lignes. L’enjeu est grand : les retombées économiques sur le territoire en dépendent.

65 M€

C’est le montant annuel des retombées économiques de l’aéroport sur le territoire en 2012. Il inclut toutes les dépenses touristiques des passagers et a fait un bond de 7 millions par rapport à la dernière enquête de 2011*. Le chiffre d’affaires annuel du tourisme dans l’Hérault étant lors de l’enquête de 1,7 milliard d’euros, le poids de l’aéroport de Béziers s’élevait à 3,5%.
La spécificité de cette clientèle touristique est la consommation importante de repas au restaurant et de transports sur place. Bref, chez nous, les touristes bougent et dépensent.
C’est bon pour notre économie !

100 emplois

Travaillent sur la plateforme aéroportuaire dont 50 employés au Syndicat mixte. Les autres sont des sous-traitants, membres des services de l’état ou en charge des activités extra-aéronautiques. Des centaines d’emplois sont induits dans les secteurs des services et du tourisme sur la zone de chalandise.

893 500

C’est le nombre de nuitées touristiques générées par les passagers de l’aéroport sur une année complète. Il se décompose comme suit : 41% en hébergement marchand et 59% en hébergement non marchand. Lors de l’enquête, l’Hérault pesait environ 38 millions de nuitées par an. Le poids de l’aéroport de Béziers dans la fréquentation touristique départementale était donc de 2,5%.

De nouvelles liaisons ?

C’est une certitude : la ligne vers Düsseldorf sera desservie à l’année dès le mois d’octobre. L’aéroport a également des vues sur d’autres destinations d’ici trois ans. La Belgique ? L’Irlande ?
Que font les passagers arrivant à Béziers ? Du farniente ! 66% vont à la plage, 34% visitent nos châteaux, musées et villages, 18% découvrent nos caves et dégustent nos vins, 17% se rendent sur l’incontournable Canal du Midi, 10% font des balades à vélo. Généralement les Européens du Nord bougent plus que les autres nationalités.
* Réalisée par le cabinet 4V pour la Région Languedoc-Roussillon et le Bipe (cabinet de conseil en analyse stratégique et prospective économique).

QUE VOUS APPORTE L'AEROPORT DE BEZIERS-CAP D'AGDE ?

Jean Guy Amat, gérant du camping Le Sérignan-Plage

L'aéroport de Béziers Cap d'Agde est un signal pour toute l'Europe, un phare. Sa présence sur les cartes nous positionne comme une destination touristique pleine et entière.
Il qualifie la destination. Grâce à l'aéroport, nous irriguons tout le territoire, tout au long de l'année. Un passager de l'aéroport dépense 80 € par jour en moyenne dans
les hébergements, mais aussi chez tous les commerçants et artisans du territoire. Cela maintient le foncier à un niveau plus élevé et permet de professionnaliser ou pérenniser des emplois. La richesse apportée par les usagers de l’aéroport constitue donc une locomotive pour l’aménagement et le développement de notre territoire. L'augmentation de la fréquentation de ces dernières années est la meilleure preuve de la légitimité de cet aéroport à proximité de la plus grande capacité touristique française, après Paris. Peut-on sérieusement imaginer que des vacanciers prennent le bus de Montpellier pour rejoindre leurs hébergements sur le littoral de Béziers ou au Cap d'Agde ?

Daniel Boyer, dirigeant de Boyer Parc Autos

L'aéroport est essentiel pour nous du fait du volume d'affaires qu'il nous apporte. Nous détenons la franchise Hertz au sein de l'aéroport. Cela fait tourner 350 voitures avec six employés. On ne retrouverait pas le même volume d'affaires s'il partait vers Montpellier. En plus, c'est un excellent aéroport, à taille humaine, plus agréable que celui d'Orly ou de Roissy. Et on s'entend bien avec tout le personnel. On peut parler avec le directeur, lui faire part de nos besoins. Il faut qu'il continue le plus longtemps possible.