Quel luxe de vivre au milieu de la nature, dans un village à taille humaine et à deux pas de la ville ! Qu'ils soient petits ou grands, les habitants d'Espondeilhan apprécient de partager les bonheurs simples du quotidien.
 
C'est la plus petite commune de l'Agglo… pour le moment. Longtemps, la population d'Espondeilhan n'a guère augmenté, tournant autour de 350 âmes depuis 1841. Mais avec 1 012 habitants sur 508 hectares, le village peut s'enorgueillir d'avoir triplé en trente ans ! Sans que cela n'occasionne de conflits. En pleine campagne, il se tient à l'abri des tumultes de la ville, tout en étant à une vingtaine de minutes de Béziers. à l'entrée du village, les vestiges du passé accueillent les visiteurs : l'église Notre-Dame des Pins d'un côté, le château de Saussine de l'autre. « Le clergé et la noblesse ! Quant au tiers-état, il est situé plus bas, avec la mairie, l'école et le centre de loisirs », s'amuse Monsieur le maire. La culture viticole reste aussi vivace, bien qu'aucune production de vin ne sorte désormais du territoire. à tel point qu'une ancienne bâtisse vigneronne vient d'être transformée en chambre d'hôtes et en…brasserie artisanale, produisant 800 litres de bière. « Nous sommes originaires de Belfort. Nous avions envie de soleil », confie Bernard Eglin, propriétaire de La Belle de Thongue. Des personnalités ayant fait le tour du monde ont cédé aux sirènes de ce séduisant village. Après 19 ans en Iran, Guinée, Indonésie et Arabie Saoudite comme instituteur ou directeur d'école, le maire a choisi de revenir au pays. La douceur de vivre locale a également charmé Dominique Girard, ancien ambassadeur de France en Indonésie, Australie et en Inde, qui réside à Espondeilhan depuis une vingtaine d'années.


Un village de brassage


Cette ouverture à d'autres cultures ne doit rien au hasard. La situation d'Espondeilhan, au croisement des départementales 18 et 15, a dessiné son identité de village carrefour propice aux relations humaines. Avec comme point d'ancrage un majestueux marronnier. « Quand j'étais petit, les mamies refaisaient le monde en tricotant à l'ombre de cet arbre. Aujourd'hui, les papys, rejoints par les plus jeunes, ont pris le relais pour en faire un véritable arbre à palabres », estime Alain Romero. Anciens et plus jeunes se retrouvent sur les bancs au pied du centenaire. Le Tour de France qui a rythmé le milieu d'été est encore dans toutes les conversations. Sur la place du village, le café restaurant Wanagaine est un autre point de ralliement. à côté de la bibliothèque municipale, sa terrasse offre une vue imprenable sur la vie du village. Pas loin, le tabac fait office d'épicerie et la boulangerie de presse. Pétanque, danse, broderie, chorale, feu d'artifice… et même BMX, le village compte une dizaine d'associations actives. Le respect de la nature est une préoccupation tout aussi partagée. Selon une étude du Sitcom de Pézenas, près de 22% de la population valorise ses biodéchets et s'est équipée en composteurs et… lombricomposteurs. Les habitants ont aussi à cœur de redonner vie à leur patrimoine. Au bout d'un petit chemin de terre, à côté du cimetière, Notre-Dame des Pins, la belle endormie, capte mille couleurs selon la lumière du jour. Bâti au XIIème siècle, l'édifice a besoin de restauration. Une association s'est créée pour rassembler les bonnes volontés. Et le maire a pour ambition de rouvrir ce joyau architectural « pour que les habitants se l'approprient avec des manifestations culturelles, qu'il devienne une étape dans un circuit touristique de l'Agglo ».  


PASSAGE DU TOUR DE FRANCE 

 
Dix secondes de liesse… Il n'aura fallu qu'un instant aux maillots jaune, vert, et blanc à pois rouge pour traverser le village. Pourtant, ce 13 juillet 2016 laissera sans nul doute des souvenirs forts aux habitants d'Espondeilhan.
Plus de 1 000 curieux et passionnés, venus du village et de ceux alentours, patientaient depuis le petit jour autour de la route principale pour avoir la chance d'encourager leurs idoles : les incroyables champions de la Grande boucle !

2 questions à Alain Romero,

Maire d'Espondeilhan, Vice-président délégué aux ressources humaines, à l'administration générale, l'évaluation des politiques publiques et à la santé

Quelle est l'identité d'Espondeilhan ?


D'abord celle d'un village de 1 000 habitants qui a toute sa place dans une Agglo de 112 000 habitants. Nous sommes petits certes, mais nous participons à la co-construction de l'Agglo. Elle nous regarde avec bienveillance, nous bénéficions des avantages d'être dans une grande communauté, mais cela implique de nous investir dans le projet territorial. Il faut être inventif, intéressé, ne pas avoir peur de proposer des avancées pour la collectivité. Ensuite, notre village reste marqué par une certaine ruralité. à Espondeilhan, on se connaît de moins en moins, mais on a encore cette possibilité de se côtoyer ! C'est un village viticole, resté ancré dans la terre, qui vit au rythme de la nature. Un lieu de brassage. Mais qui, si l'on n'y prend pas garde, pourrait devenir un village dortoir.


« Espondeilhan tient sa place au sein de l'Agglo »

Quels sont vos projets pour le village ?


Des projets pour rendre le vivre-ensemble encore plus attractif : favoriser les lieux de convivialité en installant un nouveau banc sous le marronnier par exemple, mais aussi accompagner les associations, écouter les commerces pour qu'ils répondent davantage aux attentes de la population. Et nous avons besoin de nouveaux arrivants. Si l'être humain n'accepte pas de s'ouvrir à la différence, il s'appauvrit. C'est la seule chance de surmonter les moments difficiles. La ZAC se met en place : les 30 lots d'habitation de la première tranche sont partis en deux mois ! Nous travaillons aussi sur des écoquartiers avec 35 maisons en bois à énergie positive. Et sur des solutions d'accueil de personnes âgées, handicapées.